mercredi 15 juillet 2026

Nocturnaux d'été [2]

 



Vingt-quatre août. Dans le grenier, la lumière du dehors traversant les lucarnes atteint la petite table où le diariste a pris place, on suppose qu’il s’apprête à écrire, la matière qu’il a, onirique arrachée à la nuit récente, s’il n’a pas tout oublié de ses rêves, à moins qu’il n’en soit un échappant à l’oubli, de celle qui apparut dans une chambre par temps de guerre aux neuf chandeliers avec dentelles noires pour parure, étendue sur un lit l’opulente poitrine à découvert comme le sera dans un instant son sexe, écartant les cuisses et demandant aux soldats présents d’y introduire des ustensiles en plastique de toutes sortes pourvu qu’un plaisir en soit tiré (ce qui précède, le diariste efface, le rêve inventé sous l’effet de fièvres*, reprenons à : « Dans le grenier » qui introduit le fragment, soit reprenons au commencement, et voyons ce qui advient, on souhaite : d’une construction meilleure, moins saturée de défauts (les fièvres encore), et qu’un rêve tout autre soit relaté, plus digne de l’être, digne : en toutes lettres dans le texte, comme s’il n’importait pas parfois — au contraire — l’indignité même, en quoi la littérature est justifiée d’être, faire droit à l’indigne, non : la littérature arrache ce possible qui n’est pas un droit, mais le sens même d’écrire, l’occasion apparue. Ainsi, l’occasion n’y est peut-être pas ici, qu’elle puisse ne jamais être et cela inquiète, cette pensée inquiète, veiller donc à ce qu’elle soit, et surtout : ne pas oublier, qu’il y ait oubli et le sens du fragment s’effondre).