S’il faut au roman une histoire ; ce qu’elle serait si —, voici ce qu’il s’agit de préparer. Que cela soit, du dehors, demander l’impossible ne demandez pas cela, ou alors, soit, édifier des plans [« Il lisait son roman sans cesse médité », ce vers poursuit depuis les premières lignes de l’opus] ; édification qui ne se peut d’une main légère, l’étendue est aux pièges par dizaines qu’on se tendrait malgré soi, avec l’inadvertance : Miles, abandonnant son navire et l’équipage, tomba dans le premier des pièges. L’histoire serait ainsi de la concaténation de pièges pas évités par Miles, tandis qu'abordant un massif forestier de l’Ère des Reptiles. Est-ce déjà piège que cette histoire de pièges ? L’histoire le dira. Et de s’enfoncer dans le massif graduellement s’opacifiant, pas moins hostile qu’un désert où ferait rage le soleil, avec sable saturé de reptiles. Le massif serait sans clairières, Miles y risqua de premières enjambées dans ce qui semblait être un sentier, obstrué par un tronc avec écriteau aisément traduisible de l’anglais : « N’entrez dans la nuit végétale qu’à vos risques et périls. »
Vous me demandez quelle sorte d’histoire pourra bien avoir lieu en ce roman, le tronc contourné (ce nom de roman précipité peut-être, lequel n’aurait d’effectivité que sur la longueur, l’étendue certaine, quoiqu’il y ait des romans distinctement succincts, inachevés, avortés) ; quelle sorte — spéciale, s’ouvrant sur ce qu’il en sera pour appeler la folie de Miles,